Le projet
L’Atlas Sonore Romand s’inscrit dans une longue tradition de recherche sur la variation phonologique du français. Depuis le milieu du XXᵉ siècle, de grandes enquêtes ont cherché à cartographier les différences de prononciation à l’échelle régionale, en s’appuyant tour à tour sur les représentations des locuteurs, des campagnes d’enregistrements de terrain ou des corpus oraux structurés.
Ces travaux ont permis de mieux comprendre la répartition géographique de nombreux phénomènes phonétiques, tout en révélant certaines limites : réseaux d’enquête peu denses, nombre restreint de locuteurs, ou difficulté à concilier données naturelles et couverture territoriale fine. Les outils numériques et mobiles ont récemment ouvert de nouvelles perspectives, en rendant possible la collecte massive de données sonores, directement produites par les locuteurs eux-mêmes.
À quoi sert l’Atlas Sonore Romand ?
- Documenter la variation phonétique du français en Suisse romande à partir de données réelles.
- Permettre l’écoute et la comparaison directe de prononciations entre régions et localités.
- Offrir un outil de recherche et de diffusion accessible, fondé sur des données empiriques.
- Inscrire les approches participatives dans la continuité des grandes enquêtes phonologiques.
L’Atlas Sonore Romand s’inscrit pleinement dans ce prolongement. Il vise à tirer parti de ces avancées méthodologiques pour proposer un atlas sonore fondé sur des données empiriques abondantes, comparables et géographiquement précises, tout en s’inscrivant dans la continuité des grandes enquêtes sur le français contemporain.
(voir notamment : ASL, 2021, p. 143–166)
Les données
Les données présentées dans l’Atlas Sonore Romand proviennent de plusieurs sources complémentaires :
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Applications Français de nos régions
Enquêtes participatives ayant permis de recueillir, à large échelle, des informations sur les usages et les représentations phonétiques des locuteurs, en Suisse romande comme dans les régions voisines. -
Application Dis Voir
Application centrée sur la production vocale, reposant sur l’enregistrement direct de mots et de phrases par les participants, et fournissant des données sonores exploitables pour l’analyse phonétique et la cartographie. -
Enquêtes de terrain selon le protocole PFC (Phonologie du Français Contemporain)
Enregistrements réalisés en situation contrôlée et semi-spontanée, auprès de locuteurs sélectionnés, permettant d’ancrer l’atlas dans une tradition de recherche fondée sur des corpus oraux structurés.
L’articulation de ces différentes sources permet de croiser des données issues de contextes variés et d’offrir une image aussi fidèle que possible de la variation phonétique en Suisse romande.